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Protection de l’environnement et du vivant : mauvaise passe ?
mardi 17 mars 2026
La protection de l’environnement et du vivant traverse une passe difficile, en France, en Europe, aux Etats-Unis et ailleurs, à l’exemple de cette loi Duplomb promulguée en août 2025 et conduisant à des régressions environnementales et sanitaires majeures [1]. Cette période de reflux écologique rappelle ces propos de M. Nicolas Sarkozy en 2010, 3 ans après le Grenelle de l’Environnement : « L’environnement çà commence à bien faire ! »
Les causes de cette régression sont multiples : politiques (démagogie), économiques (court-termisme, mondialisation, endettement…), sociales, médiatiques (course à l’audience…) psychologiques (déni) ou idéologiques (croissantisme, suprémacisme, technicisme…) [2] . Pour JB Fressoz , ce retour de bâton écologique n’est pas conjoncturel mais structurel, car il « reflète les intérêts liés à la grande majorité du monde productif. La lutte contre la pollution touche au fondement de l’activité économique, au volume et à la nature de la production, à la rentabilité des investissements, à la compétitivité des entreprises et des nations… » [3]
Est-ce une raison pour baisser les bras, face au détricotage des politiques écologiques ? Bien sûr que non ! Outre le dynamisme et les compétences de nos militant.es ainsi que les conseils avisés de nos avocats, il nous reste des points d’appui pour résister aux projets les plus écocides, dans notre région. On peut (encore) compter sur les avis précieux de l’Autorité Environnementale, l’expertise du Conseil National de Protection de la Nature (CNPN), la sagacité de la justice administrative , le professionnalisme de l’Office Français pour la Biodiversité (OFB), ou l’impartialité de la Commission Nationale du Débat Public.
Enfin, comme l’a montré la crise de la COVID aux conséquences planétaires, on ne peut exclure, sans sombrer dans un catastrophisme inopérant, l’irruption d’aléas redoutés qui contribueront à un regain (passager ?) de l’écologie auprès de l’opinion publique et des politiques, plus facilement que l’extinction d’espèces animales ou végétales. Tels les événements climatiques extrêmes ou d’éventuels accidents technologiques et/ou nucléaires.
En tout cas, quelles que soient les tribulations des politiques publiques environnementales, notre fédération s’efforcera d’assurer, avec ses salarié.es et bénévoles la continuité de ses missions de gestion de 3 réserves naturelles nationales, et avec ses militant.es son rôle d’acteur exigeant de la démocratie environnementale, au service du vivant et de l’intérêt général.
Daniel Delestre
Président de la SEPANSO
Editorial de la revue Sud-Ouest Nature N°209 du 4ème trimestre 2025
Mise en ligne du 17 mars 2026
Mise à jour du 12/05/2026
[1] Cf Censure partielle par le conseil constitutionnel de la loi Duplomb. C. Gouanelle. SON N°208 3ème trimestre 2025.
[2] Cf l’excellent ouvrage collectif : Greenbacklash : qui veut la peau de l’écologie ? Ecocène. Seuil. Octobre 2025
[3] « Au diable l’environnement, donnez-moi l’abondance. » Pourquoi le backlash est structurel. JB Fressoz. Terrestres. Octobre 2025. https://www.terrestres.org/2025/10/09/backlash-structurel-fressoz/.
SEPANSO Gironde